Allez, un moment de folie…
et si pour les un an de METS PAS TES DOIGTS DANS TON NEZ…
on avait ENFIN quelques commentaires…
4 ou 5…. 10…. 20… un petit signe quoi…
PommeQ
Pour fêter les un an, rien de tel qu’une bonne critique… d’un bon film…
Cela faisait un bon moment que je voulais aller voir ce nouveau GONDRY mais impossible de trouver un salle en VO en province… je sais je l’ai déjà dit… mais je comprends toujours pas.
Bref, séance de début de semaine mise de coté pour l’occasion…
Date de sortie : 05 Mars 2008 Réalisé par Michel Gondry Avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover, Mia Farrow, Melonie Diaz, Amir Ali Said, P.J. Byrne, Paul Dinello, Matt Walsh, Marcus Franklin, et Arjay Smith Film américain. Genre : Comédie Durée : 1h 34min. Année de production : 2006 Titre original : Be Kind Rewind Distribué par EuropaCorp Distribution
Généreux dans son approche de l’image, toujours prêt à nous flatter l’oeil d’une trouvaille originale et à la fois conteur de récits où l’imaginaire est roi, Michel Gondry signe avec SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ/Be Kind Rewind son oeuvre la plus accessible, personnelle et émouvante. Sublime déclaration d’amour au cinéma et comédie déjantée au pouvoir émotionnel épatant, le film est profondément universel dans son approche d’un art fédérateur en constante révolution. Plus simple qu’un Eternal Sunshine, moins excentrique que Human Nature et plus terre à terre que la Science des Rêves, Be Kind Rewind n’en reste pas moins le film au pouvoir communicatif le plus jouissif de ce début d’année. Entre rires et larmes de bonheur, on assiste tout simplement à la projection d’une oeuvre pétrie d’instants formidables, d’idées prodigieuses et pleine d’âme… On aimerait que cela ne s’arrête jamais. SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ/Be Kind Rewind est avant tout une sorte de complexe combinaison de l’oeuvre de Gondry… Travaillant la mise en abîme de son propre cinéma fait de bric à brac et de trouvailles visuelles décalées, Gondry explore son prore univers en démystifiant son intrigue et en la rendant plus accessible que dans ses longs-métrages précédents. Finis les retours dans le temps, les chronologies explosées et les mondes parallèles, nous sommes ici dans une construction plus classique, moins complexe. Il n’en resulte cependant pas un appauvrissement de son univers, bien au contraire ! En tournant son film dans un cadre plus traditionnel et quotidien, les éléments tirés de l’imaginaire des personnages n’en deviennent que plus efficaces et marquants. Notons également que la passion du cinéma, élément déclencheur de ce rocambolesque scénario, va de pair avec le fanatisme du cinéaste pour la musique et ses artistes (Michel Gondry a tourné des dizaines de clips vidéos). Jazz, blues et soul sont à l’honneur ici et offrent au film un autre degré d’émoi notamment lorsque les extraits d’un documentaire en noir et blanc filmé par nos deux compères nous sont projetés…
Le duo formé par Jack Black et Mos Def, défiant toutes les lois de la nature et de la logique cinématographique afin de retourner des classiques du 7ème art, fonctionne instantanément. Couple de cinéma déjà culte, ils vont se permettre de réaliser les remakes de films tels que Ghosbusters, 2001 L’odyssée de l’espace, Boogie Nights, Rush Hour 2 ou Men In Black dont il est recommandé d’avoir les séquences cultes en tête pour mieux apprécier les nombreux clins d’oeil qui se dissimulent dans le métrage. C’est avec stupéfaction que l’on réalise que rien ne semble impossible avec un minimum de moyens et un maximum d’intentions. Car si le premier enjeu du film est de na pas décevoir une cliente, le tout prend une nouvelle ampleur lorsque le vidéo-club est en péril et qu’il faut tenter à tout prix de relancer la machine… C’est alors que ce cinéma personnel et intimiste de deux energumènes devient l’ouvrage de toute une communauté. Le message est simple et se résumerait au titre d’une chanson des Beatles : All you Need is love…
Car c’est ce dont il s’agit. SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ/Be Kind Rewind, c’est avant tout une bonne dose d’amour sur pellicule. Pas de cynisme, de rôles tordus ou pervers, ni de réels mauvais personnages, nous sommes dans du Frank Capra ou du Lubitsch. Un film où tous les protagonistes sont au coeur du film et en forgent le caractère, la générosité et l’énergie. Ainsi, le temps d’un plan séquence proprement incroyable où défilent devant nous des instants cultes de cinéma, on assiste à ce que constitue la moelle épinière d’un film et du film en général : le travail d’équipe et l’élan collectif se mettant en place pour la bonne cause. Sans vous revéler d’élements de l’intrigue sachez simplement que l’oeuvre réalisée par les comédiens au terme du film est un petit chef d’oeuvre à part entière qui vous arrachera certainement de bonnes grosses larmes de bonheur…
Cumulant les instants magique de création et toujours en évitant de se perdre dans un enchâinement de sketchs sans grand interêt, Michel Gondry signe ici une oeuvre intelligente, une réflexion sur l’art cinématograhique dans ce qu’il a de fédérateur et innovateur. Travaillant comme un pionnier du cinéma, découvrant à chaque fois de nouveaux effets visuels et des techniques de tournages toutes plus folles les unes que les autres, le film constitue une sorte d’hommage aux premiers cinéastes de l’imaginaire comme George Méliès et forme un ensemble bien plus élaboré qu’il ne paraît. Bien éloigné des considérations scientifiques et complexes de ses précédents films, on retrouve cependant cet amour pour le travail du coeur au service d’une histoire forte et de personnages robustes…
Difficile de parler du film sans évoquer les éléments qui vous feront vivre de vives émotions mais ce serait vous gâcher la multitudes d’idées qui composent cette oeuvre grandiose que les cinéphiles du monde entier devraient rapidement vénérer.
Attention, film culte. Très culte…
PommeQ