Il y a certaines personnes qui ne savent pas s’arrêter… GONE BABY GONE
Publié par whoswalt dans Art, CinéGrosse séance de rattrapage… 2 soirées à me retrouver bloqué en province… hotel sympa mais wifi pourri… plus que deux semaines en mode nomade… puis retour sur Paris… MPTDDTN devrait reprendre un rythme normal… en attendant un autre post de rattrapage…
Mercredi soir surtout pas envie de supporter une soirée foot dans un bar de province… pas envie de passer un soirée seul au CHATEAU devant la télé avec un Room service…
direction Ciné Saint-Denis…
Date de sortie : 26 Décembre 2007
Réalisé par Ben Affleck
Avec Casey Affleck, Morgan Freeman, Ed Harris, Michelle Monaghan, Robert Wahlberg, Amy Ryan, Michael K. Williams, Edi Gathegi, John Ashton, et Amy Madigan
Film américain.
Genre : Policier, Drame
Durée : 1h 55min.
Année de production : 2007
Interdit aux moins de 12 ans
Distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures France
GONE BABY GONE est comme l’était Mystic River de Clint Eastwood : une adaptation d’un roman de Dennis Lehane.
Il y a donc quelques points communs entre ses deux films : la ville de Boston, les disparitions et la pédophilie. En effet, dans GONE BABY GONE, Amanda, une petite fille, disparaît. Sa tante, Bea, peu satisfaite par le travail de la police, engage un couple de jeunes détectives privés (Casey Affleck et Michelle Monaghan) pour qu’ils mènent leur propre enquête.
Le décor est vite planté. Il s’agit de la vie de Dorchester, un quartier (visiblement irlandais) plus que modeste de Boston avec tout ce que cela implique : drogues, alcool, maltraitance, misère intellectuelle, racisme et désoeuvrement. Ben Affleck (et son frère Casey, qui incarne le détective privé Patrick Kenzie) a grandi à Boston ; on peut immédiatement lire, au travers des images, l’attachement qu’il porte à cette ville et à ses habitants. On devine également qu’il porte un regard plein de compassion sur ses âmes perdues. Patrick Kenzie (Casey Affleck) est l’incarnation de cette compassion. Il a lui-même grandi en banlieue, et contrairement à la plupart de ses anciens camarades de classe, il a choisi le droit chemin, notamment influencé par une éducation religieuse marquée (à laquelle il se raccrochera de manière indirecte pour ne pas perdre pied face à ce qui l’attend).
Le positionnement de Patrick, face aux événements et aux gens, est finalement le ressors majeur de ce film. Il va se rapprocher d’Hélène, la maman d’Amanda (Amy Ryan), une droguée raciste et une mère indigne. Même si Patrick cherche de cette manière à glaner des informations, il sera le seul à défendre le statut de mère de cette femme. Connecté à la fois à la racaille locale et à certains policiers, il jouera un rôle clé dans l’affaire et sera encore une fois le seul à passer au delà des apparences simplistes de la situation. Tout au long du film, il se positionne face à des questions centrales : est-ce tout blanc ou tout noir ? Où est le bien, où est le mal ? Casey Affleck insuffle une belle épaisseur à ce personnage dans le doute, courageux, gentil et plutôt droit dans ses bottes.
Le film regorge de constats plutôt intéressants sur certaines réalités et notamment celle d’une police démissionnaire, désenchantée et qui s’est créée une nouvelle forme de justice en marge des lois (notion présente dans un clin d’oeil avec le nom du pub « Murphy’s Law », « La Loi de Murphy » en français, référence à la série de films mettant en scène un Charles Bronson qui se faisait justice lui-même dans des films de série B). Il n’est pas certain que Ben Affeck ait porté à l’écran le fruit de ses propres réflexions sur le sujet (étant donné le peu de justification sur le sujet lorsque nous le rencontrâmes en interview). Retranscrit-il simplement les positionnements de l’auteur Dennis Lehane ? On peut mettre, en revanche, sans aucun doute, au crédit de Ben Affleck, la réalisation aboutie et maîtrisée de ce film. Les plans sont soignés. Il y a de belles séquences accompagnées de musique au travers desquelles, comme nous l’avons dit plus haut, il nous transmet son amour pour le quartier de Dorchester et ses habitants. D’une manière générale, il mène son film dans un genre polar assez classique, mais ajoutant malheureusement une scène de face à face sur un toit, inutile et un peu convenue.
Quoi qu’il en soit, ne soyons pas trop durs avec le petit Ben car c’est un très bon premier film, captivant. Ben Affleck a particulièrement soigné son casting, avec en tête de liste Casey Affleck, en passe de devenir un grand acteur, surpassant probablement son aîné. Morgan Freeman et Ed Harris, tous deux dans des rôles policiers, sont à la hauteur de leur réputation d’acteurs confirmés et fiables.
PommeQ
Tags: Art, Ciné, Web










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