Rien de plus agréable en ces périodes de fêtes que de réussir à éviter les foules…éviter ce longues files d’attente, remplis de mégères (non apprivoisées) à la recherche du dernier robot Eliminator pour le petit dernier ou des quelques pâtes de fruits qui raviraient tata Yvette…Je hais ces gens… je hais LES gens…
Rien de mieux, pour éviter la foule que de foncer dans une salle obscure… avec ma fille… TBO.
Direction Montparnasse et notre Gaumont préféré…
Séance du jour :
BIG CITY
GAUMONT PARNASSE
Date de sortie : 12 Décembre 2007
Réalisé par Djamel Bensalah
Avec Vincent Valladon, Paolina Biguine, Jérémy Denisty
Film français.
Genre : Western, Famille, Comédie
Durée : 1h 40min.
Année de production : 2006
Film pour enfants à partir de 6 ans
Distribué par Gaumont Distribution
Tout commence comme un énième conte initiatique, adapté d’un best seller anglo-saxon : une vieille Bentley roule sous des peluches cotonneuses de neige hollywoodienne. A l’intérieur, un grand père va lire Big City à sa petite fille, le livre des aventures qu’il a vécues dans le Grand Ouest, à l’heure de la conquête des territoires indiens, et où les enfants avaient pris possession de la ville, en intérim des adultes qui tenaient la position au fort le plus proche. Flashback…
Après Le Raid et Il était une fois dans l’Oued, Djamel Bensalah, sous couvert d’une comédie pour enfants, sonne la charge de la critique sociétale et carrément cynique. Car ces jolies têtes blondes, livrées à elles-mêmes (et à un Eddy Mitchell alcoolique, sorte de Gemini Cricket inversé), vont tout droit reproduire le schéma parental établi et demeurer par la force des conventions des « fils de » : le cow-boy, l’institutrice, le banquier juif, la prostituée (50 cents le bisou sur la joue, un dollar sur la bouche), l’entrepreneur véreux, le blanchisseur chinois, l’esclave noir, les sbires du Ku Klux Klan… Du coup, la brutalité du propos (dans la bouche d’enfants) et la violence de cette reconstitution sociale miniature est à deux doigts de sortir le jeune public de sa panoplie en plumes d’Iroquois, pour laisser la place à la crête du punk qui sommeille encore en nous.
Qu’on ne s’y trompe pas : le film n’est pas un pamphlet anti-américain. Car si la rivière sauvage est à l’évidence le périphérique, et l’Indien le résident de la banlieue parisienne, Bensalah a surtout le courage de prôner un cinéma populaire exigeant, dont la fonction est de susciter la transmission, en obligeant les parents à « l’explication de texte » à l’issue de la projection, tant les enfants risquent d’avoir mille questions à poser, l’œil brillant et le regard dans le vide…
Fort heureusement, on est au cinéma et le « The End » du générique de fin tombe sur un baiser factice et un soleil couchant. On était à deux doigts de la prise d’otages, car la scène précédente, en guise de morale de l’histoire, est beaucoup moins rose…
Big City est un film destiné aux enfants et sans doute à eux seuls. Sinon peut-être à quelques indécrottables sentimentaux qui y retrouveront des impressions de leur jeunesse… pour peu qu’ils soient au moins quinquagénaires. Le ton est badin, l’ambiance primesautière. Le pari du réalisateur de Dieu, les oiseaux… et ta mère consistait à confronter des personnages stéréotypés à des situations traditionnelles et à en mesurer les effets. Contrat rempli pour l’essentiel, l’avantage des enfants étant qu’ils s’amusent avant de jouer et que leur jubilation s’avère plutôt communicative, surtout quand les spectateurs ont le même âge et qu’ils aiment se déguiser pour jouer aux cow-boys et aux indiens.
Comme souvent dans ce genre de films, les méchants sont plus convaincants que les gentils et ce sont les personnages secondaires qui retiennent l’attention, du petit Black pleureur au gros fourbe, en passant par la femme fatale et le beau gosse. Le casting constitue d’ailleurs la plus grande réussite du film, la plupart de ces enfants ayant d’ailleurs déjà tenu les rôles principaux dans des productions telles que Le papillon, Michou d’Auber, Jacquou le Croquant ou Nos jours heureux. Passé, 12 ans, le charme risque toutefois de ne fonctionner que par un effet de rémanence nostalgique. Mais on ne peut jurer de rien et personne n’avait anticipé le succès de Kirikou, par exemple.
Le résultat ressemble finalement autant à une bande dessinée qu’à un film traditionnel, même si rien n’a été laissé au hasard pour parfaire l’illusion des grands espaces (filmés au Canada) et de la ville champignon en bois (construite en Bulgarie). Quant aux gamins, ils n’ont pas grand mal à éclipser leurs rares partenaires adultes, notamment Atmen Kelif (l’acteur fétiche du réalisateur) en idiot du village et Eddy Mitchell en poivrot de service, clin d’œil savoureux à l’animateur de l’émission “La dernière séance” qui fut l’un des derniers chantres cathodiques du western. On reconnaîtra à Djamel Bensalah le mérite d’avoir relevé un pari audacieux en se donnant les moyens de ses ambitions, ce qui est son credo depuis le début de sa carrière, son rêve étant désormais de tourner une comédie musicale en Algérie. Reste à savoir si le public le suivra dans sa folie. Ce n’est pas évident à cette époque de l’année où la concurrence table surtout sur l’animation et sur le fantastique, les deux genres qui ont le vent en poupe. Voici en tout cas une alternative sympathique aux Blockbusters hollywoodiens.
TBO est fan…
PommeQ
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