C’est une journée bien triste et bien grise qui commence…
TBO à l’école… TLO malade passe la journée à se moucher dans les bras de sa grand mére… c’est avec le moral dans les chaussettes que je sors me faire une toile.
Séance du jour :
PARANOID PARK
Gaumont PARNASSE
Date de sortie : 24 Octobre 2007
Réalisé par Gus Van Sant
Avec Gabriel Nevins, Jake Miller, Daniel Liu, John Michael Burrowes, Taylor Momsen, Lauren McKinney, Winfield Jackson, Joe Schweitzer, Grace Carter, Scott Green
Film français, américain.
Genre : Drame
Durée : 1h 25min.
Année de production : 2007
Distribué par MK2 Diffusion
Présenté en Sélection Officielle au Festival de Cannes 2007
Prix du 60ème Anniversaire au Festival de Cannes 2007
Construit à rebours, PARANOID PARK met en scène Alex après cette soirée où tout a basculé, et remonte ensuite progressivement le temps, nous montrant le moment où il s’est rendu compte que ce qu’il avait refoulé avait réellement eu lieu, pour ensuite revenir par brusques à-coups au présent.
PARANOID PARK se fait alors étude sur la conscience, sur l’impact que nos choix peuvent avoir sur notre vie. Grâce à un montage astucieux, à une illustration musicale originale et à une alternance entre 35mn et 8mn, le film dépeint à merveille cette sensation que nous pouvons avoir d’être réellement à une croisée de chemin, et que tout peut basculer d’un côté ou de l’autre.
Le fait que Gus Van Sant ait choisi de recruter de « véritables » adolescents pour incarner ses personnages, en allant pour la plupart les chercher sur MySpace, donne tout de suite le ton. Ici point d’acteur de trente ans pour jouer des personnages de quinze ans : PARANOID PARK est un film sur la jeunesse, ancré dans la jeunesse, et c’est aussi pour cela que non seulement nous y adhérons en douceur, mais surtout que nous ne nous posons pas la question de savoir pourquoi Alex choisit de se taire.
Pourtant, parce qu’il y a cette toile de fond si particulière, PARANOID PARK reste l’histoire du cheminement d’un adolescent en particulier et non celle d’une génération. Bien qu’Alex soit inscrit en permance dans une communauté (avec cette séquence incroyable où lui et tous ses amis skateurs sortent progressivement dans les couloirs du lycée, avec le fait que le jour où il n’a plus sa planche de skate à la main sa mère le remarque, ou ne serait-ce que parce que les autres, à commencer par la police, considèrent que cette communauté existe), toute la force du film est justement de se garder de faire des généralités, alors que Gus Van Sant aurait pu se perdre en nous parlant plus en détails des skateurs du « Paranoid Park », risquant alors de les rendre responsables des choix d’Alex.
Pour nous plonger dans le monde des skateurs, le cinéaste choisit d’insérer entre les séquences classiquement en 35mn, des scènes tournées en 8mn, à la façon des vidéos de skate (même si aujourd’hui le numérique a largement pris le dessus sur la pellicule dans ce type de films).
De cette façon, PARANOID PARK semble mêler le documentaire à la fiction, enracinant plus profondément encore le dilemme d’Alex dans le réel, d’autant plus que certaines séquences tournées en 8mn mettent aussi en scène des passants dont les visages sont masqués pour que nous ne puissions pas les reconnaître.
Mais le but de Gus Van Sant n’est cependant pas de nous faire croire que nous sommes face à un documentaire, puisqu’il tourne en 8mn des séquences où il ne s’agit pas de skate, et qu’il ne filme pas comme l’auraient fait les skateurs eux-mêmes. En effet, là où ces derniers ce seraient intéressés aux pieds de leurs congénères pour mieux filmer leurs figures, le cinéaste capte l’ambiance du skatepark, réussissant ainsi à filmer l’état d’esprit d’Alex.
PARANOID PARK, qui pouvait passer dès les premières images pour un film contemplatif, réussit alors l’exploit de nous restituer des pensées, sans qu’elles ne soient pour autant formulées avec des mots.
En mêlant le réel à la fiction, sans pour autant chercher à tout prix à faire de PARANOID PARK un film « réaliste » (la musique par exemple se fait paysage sonore et non accompagnement empathique, avec des sons qui se superposent sur les images, ou des bruits plus liés au carrelage d’une douche qu’au personnage qui s’y trouve), Gus Van Sant nous offre finalement ici une œuvre poétique, faisant paradoxalement l’apologie du pouvoir des mots et de l’écrit.
A voir.
PommeQ
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Ciné
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