Ce qu’il faut retenir… COUPE DU MONDE DE RUGBY 2007… FRANCE - ANGLETERRE
Publié par whoswalt dans SportClassique parmi les classiques, cet Angleterre-France n’en restait pas moins une demi-finale surprise dans une Coupe du monde qui attendait ses favoris australiens et néo-zélandais. Mais le fort vent du nord qui a soufflé sur les quarts de finale a eu raison des brises australes, et c’est donc un remake de la demi-finale de 2003 qui était proposé au public français, ravi. Bernard Laporte comme Brian Ashton avait choisi de ne pas changer une équipe qui gagne en reconduisant les joueurs vainqueurs en quarts.
On attendait un duel de botteur entre Wilkinson et Beauxis, la première étincelle vint du demi de mêlée anglais Gomarsall. Le numéro 9 tapait à suivre dès la première minute, Traille hésitait à concéder une mauvaise touche et se faisait surprendre par Lewsey qui lui chipait l’ovale pour aplatir dans l’en-but. Essai pour le XV de la Rose et départ catastrophe pour des Français fébriles. Les Bleus se reprenaient ensuite en se concentrant sur les fondamentaux : une conquête en touche parfaite, des enchaînements au près pour tester la défense anglaise et quelques courses visant à déplacer le bloc adverse. Malgré un nouveau couac entre Marty et Ibanez dans leurs 22 mètres, les Français finissaient par relever la tête grâce à deux pénalités passées par Beauxis.
On attendait également du combat physique et on était servi : les deux paquets d’avants se défiaient allégrement, tandis que le concours de coup de pied d’occupation entre le Coq et la Rose empêchait toutes les velleités offensives de se développer. Beauxis manquait un drop, imité ensuite par Wilkinson, juste après que Fabien Pelous sorte sur blessure à la demi-heure de jeu. Cette demi-finale semblait vouée à se jouer au mental, le XV de France usait et abusait des chandelles face à des Anglais sereins sur les balles aériennes, laissant les amateurs de mouvement ronger leur frein.
Un nouvel échange de politesses entre Wilkinson – un drop et une pénalité de peu à côté – et Beauxis – un drop trop court – ne faisait guère avancer les choses. Avec un score à la mi-temps digne d’une autre époque, cette première période confirmait les options tactiques en vogue lors de cette Coupe du monde, sans apporter d’autre enseignement que l’enjeu prenait le dessus sur le jeu.
Les débats reprenaient sous la direction de l’arbitre sud-africain Jonathan Kaplan. Sur un scenario identique : Beauxis puis Wilkinson et 8-9, deux botteurs au coude à coude. Souvent mal inspirés, à l’image de cette relance approximative de Jauzion à la 45e minute, les Bleus rendaient beaucoup trop de munitions aux Anglais pour espérer prendre le dessus. Mais c’était l’heure du traditionnel coaching de Bernard Laporte : Ibanez et Beauxis sortaient pour Szarzewski et Michalak. Elissalde tentait un petit côté, récoltant une mêlée à 5 mètres de l’en-but anglais. Mais encore une fois, le réalisme n’était pas au rendez-vous et les Bleus gâchaient l’occasion avec un drop forcé et donc manqué par Michalak.
Sans être brillants, les Anglais démontraient une vaillance remarquable en défense et une force certaine en mêlée fermée. C’était d’abord le poteau qui sauvait la France d’un drop de Wilkinson, puis Betsen qui stoppait la mobylette Robinson lancée dans un numéro de funambule dont il a encore le secret. A l’approche des 20 dernières minutes, la tension était à couper au couteau lors d’un match terriblement serré, et devenait de l’inquiétude quand on considérait les occasions ratées par les Bleus. Un rush de Clerc relayé par un Chabal stoppé in extremis, une mêlée à 5 non concrétisée, les hommes de Bernard Laporte oubliaient la belle efficacité qui leur avait permis de battre les All Blacks en quart de finale. La France restait à portée de fusil de l’artilleur Wilkinson à dix minutes de la fin.
Et ce qui devait arriver arriva. Un plaquage haut sur Robinson, et Wilkinson se faisait un plaisir de donner l’avantage au XV de la Rose à la 74e minute de jeu. Le bourreau de 2003 renaissait de ses cendres pour claquer un nouveau drop fatal dans la foulée, reléguant les Bleus à un essai au tableau d’affichage. En désespoir de cause, les Bleus envoyaient du jeu. Dans le temps additionnel, trop tard, forcément trop tard. L’arbitre M. Kaplan sifflait le coup de sifflet final, la vague bleue se brisait sur la digue anglaise au bout d’une demi-finale décevante, marquée par une domination française stérile et ô combien frustrante.
Chabal reste prostré sur la pelouse, Clerc n’en revient pas, et pourtant l’histoire se répète pour la France, qui chute en demi-finale contre l’Angleterre. Mais contrairement à 2003, le XV de France n’aurait jamais dû perdre ce match. Certes les Anglais ont respecté à merveille leur plan de jeu, ils possèdent en Wilkinson le joyau de la couronne, mais ce n’est pas faire injure aux champions du monde que de penser que les Français possédaient les armes pour éviter ce coup de Trafalgar. Difficile de ne pas regretter la frilosité tactique d’un XV de France qui n’a jamais déployé ses ailes. Difficile de ne pas pointer du doigt l’incapacité tricolore à répondre au défi tactique imposé. Difficile de ne pas voir dans ce jeu au pied contre nature et improductif une épine plantée dans les semelles des arrières français. Malgré l’éclair d’une victoire au courage sur les All Blacks, le XV de France de Bernard Laporte, huit ans après sa prise de fonctions, trébuche sur l’avant dernière marche. Et Sir Jonny de hanter les nuits bleues pour quatre nouvelles années.
Angleterre - France 14-9
Donnée pour moribonde en début de compétition, l’Angleterre de Brian Ashton défendra son titre en finale de la Coupe du monde le 20 octobre à Saint-Denis.
La France a encore un match à jouer, le 19 octobre au Parc des Princes.
Le pire de tous, une petite finale qui aura le goût amer des rêves brisés.
ON AURAIT PU PERDRE CONTRE N’IMPORTE QUELLE EQUIPE…. MAIS PAS LES ANGLAIS… MERDE.
Tags: Sport













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