Ce qu’il faut retenir… COUPE DU MONDE DE RUGBY 2007… FRANCE / NOUVELLE ZELANDE
Publié par whoswalt dans SportTout a été dit et écrit sur ce quart que certains rêvaient finale entre la France et la Nouvelle-Zélande.
Ne restait qu’à le jouer.
Depuis leur faux pas en ouverture contre l’Argentine, les Bleus n’ont disputé que des matchs couperets. Contrairement aux All Blacks, qui lançaient véritablement leur Coupe du monde, les hommes de Bernard Laporte espéraient profiter de cette montée en puissance progressive pour déjouer les pronostics et déboulonner l’icône néo-zélandaise. Les Anglais avaient ouvert la brèche en étouffant les Wallabies, appliquant parfaitement un plan de jeu que Bernard Laporte pensait imiter : conquête, combat, cohérence collective et un jeu au pied réaliste pour vaincre, avec la conviction que seule la victoire est belle.
Après un haka sous haute tension, les Bleus défiant ouvertement les Blacks, le match s’engageait sous la direction du jeune arbitre anglais Wayne Barnes. Les deux équipes se jaugeaient lors des premières minutes, lorsque le premier coup dur survenait pour le XV de France. Sur un regroupement, Serge Betsen prenait un coup de genou involontaire d’un coéquipier et sortait sur K.O., remplacé par Harinordoquy. Le staff français se retrouvait dès la 5e minute privé de son emblématique guerrier et dépourvu de troisième ligne sur le banc. Un fait de jeu qui n’empêchait pas Dan Carter de convertir une pénalité à la 13e minute de jeu, en conclusion d’une action néo-zélandaise mal maîtrisée par la défense bleue.
Peu à l’aise en touche, les Français se trouvaient trop souvent acculés, refoulés, bloqués dans leur camp, à la merci des charges des Collins, Sivivatu et autres McDonald. Le seconde ligne Ali Williams manquait un essai pour quelques centimètres de sa chaussure en touche, avant que McAlister ne remette le couvert dans la foulée. Sur un ballon perdu par les Bleus, le centre néo-zélandais combinait avec Collins pour aplatir dans l’en-but français. Un avantage amplement mérité, tant le début de match était marqué du sceau néo-zélandais. Les Bleus sortaient doucement la tête de l’eau. Après un drop manqué de Traille, Beauxis ne parvenait pas à concrétiser le léger mieux tricolore sur pénalité, et le match se muait en jeu d’échec à base de coups de pied. Une tactique finalement payante pour Dan Carter qui retrouvait toutes ses sensations pour passer une pénalité à la demi-heure.
Au contraire, l’efficacité était loin d’être au rendez-vous pour les Bleus. Maladroits, chahutés en touche et en mêlée, dominés au contact, les partenaires d’Ibanez semblaient impuissants. Elissalde ratait le coche à 25 mètres sur pénalité, laissant 3 nouveaux points s’échapper. Il fallait attendre les arrêts de jeu pour que Beauxis ouvre enfin le compteur et ramène la France à 10 points de la Nouvelle-Zélande.
Le jeune demi d’ouverture français se distinguait à nouveau en début de seconde période. Après un contre d’Heymans, les Français attaquaient la ligne adverse dans les 22 mètres néo-zélandais : Beauxis tapait à suivre pour Jauzion, qui était “balancé” par McAlister. Carton jaune pour le Black, et 3 points pour les Bleus. En supériorité numérique, les Français reprenaient l’initiative : sur une relance depuis leur camp, les tricolores faisaient vivre le ballon pour inscrire un essai superbe par Dusautoir. Le sélectionneur néo-zélandais Graham Henry, sentant le vent tourner, faisait rentrer du sang neuf avec Evans, Leonard ou Jack. Les All Blacks remettaient une pression terrible, pilonnant au ras avec un pick and go efficace et dévastateur. Au bout d’une enième phase de jeu, So’oialo s’écroulait derrière l’en-but pour l’essai. La Nouvelle-Zélande repassait en tête, avant dix dernières minutes de folie.
Michalak venait de faire son entrée, et s’illustrait aussitôt. Sur une mêlée à la ligne médiane, Elissalde sortait petit côté, envoyait Traille au près qui passait les mains après contact pour servir le petit prince toulousain. Tout frais, Michalak mettait le turbo, évitait la cuillière de Leonard, fixait McDonald pour décaler Jauzion qui plongeait vers l’essai. Elissalde ne tremblait pas pour la transformation, et pour la première fois du match, le XV de France passait devant la Nouvelle-Zélande. Incroyable réaction française, au meilleur moment, pour un essai qui restera dans les mémoires du rugby français. Le Millennium Stadium de Cardiff résonnait de tonitruants ” Allez les Bleus “, Ibanez et Pelous trépignaient sur le banc, les Néo-Zélandais entamaient un siège intenable dans les 22 mètres français. Mais la défense tricolore réalisait alors une performance défensive hors normes : plaquages, contestations des ballons, dégagements, sans jamais commettre la faute fatidique…
Les All Blacks n’y pouvaient plus rien, Elissalde récupérait un dernier ballon gratté pour courir comme un fou vers la touche et mettre un terme à la rencontre. Pour la première fois depuis sept ans, la France venait de battre les All Blacks au bout d’un match d’une intensité physique exceptionnelle, un combat de tous les instants que les Français ont su relever. Mais c’est surtout l’efficacité retrouvée en seconde période qui a permis aux Bleus de s’imposer : deux occasions pour autant d’essais, des coups de pieds réussis, un sang froid remarquable qui fera regretter aux Blacks leur domination territoriale trop stérile. Les grandissimes favoris du pays au long nuage blanc pourront également s’interroger sur leur tactique frileuse, bien éloignée du rugby flamboyant qui faisait leur force.
Nouvelle-Zélande - France 18-20
Le staff tricolore a réussi son pari, Les Bleus ont éclipsé l’étoile noire de la Nouvelle-Zélande, Ibanez et Pelous auront encore deux matchs à jouer : en espérant que le dernier soit une finale, une vraie.
Pour cela, il faudra relever un nouveau challenge, avec une demi-finale que personne ne pouvait imaginer entre les deux géants de l’hémisphère nord.
Un France-Angleterre en forme de revanche de la demi-finale de la coupe du monde de 2003, remportée par des Anglais qui allaient ensuite devenir champions du monde.
Rendez-vous le samedi 13 octobre au Stade de France.
PommeQ























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