Bernar Yslaire, puisque c’est ainsi qu’il faut l’appeler sur cette création, débarque chez Futuropolis avec un récit en deux tomes,
Le Ciel au-dessus de Bruxelles,
Tome1 AVANT.
Dessinateur: Bernar YSLAIRE / Editeur: FUTUROPOLIS
(date de parution: 03/2006)
Le Ciel au-dessus de Bruxelles,
Tome2 APRES.
Dessinateur: Bernar YSLAIRE / Editeur: FUTUROPOLIS
(date de parution: 04/2007)
Une histoire voulue universelle et révélatrice de la complexité de l’humanité, mais où le rythme narratif n’est malheureusement pas tout à fait à la hauteur de la virtuosité graphique qui habite l’oeuvre (et son édition remarquable).
A Bruxelles, à l’aube du déclenchement de la guerre en Irak, soit à la mi-mars 2003,
Jules Engell Stern (rusé et cynique) est de passage dans la capitale belge, où il cherche son frère et attend sa soeur. De son côté, Fadya (fragile mais déterminée) prépare un attentat suicide qui doit prendre place au coeur d’une manifestation pacifiste. Lui est juif Khazar, elle est beur et musulmane. Leur rencontre risque de changer leurs trajectoires, particulièrement lorsque, répondant à l’invitation de Jules à le rejoindre dans sa chambre, au Hilton, Fadya va céder aux avances du jeune homme (ou les subir selon l’appréciation)…
Avec un rien de Ken Loach dans le postulat, et malheureusement, sans éviter quelques séquences clichées, Yslaire (auteur des excellents Sambre et XXe Ciel.com) brasse moult thèmes, mettant à l’épreuve la foi comme le désir (et la honte qui peut résulter de leur entrechoc), renvoyant dos à dos le souvenir de la Shoah et les appétits vengeurs, l‘intervention en Irak et le conflit israélo-palestinien, sans se risquer à prendre parti, portant sur ces événements un regard teinté d’incompréhension et de tolérance, avec en filigrane la présence d’un papillon et surtout d’Imagine de John Lennon, déclic avoué de l’auteur. Toutefois, en dehors de quelques dialogues adroits (et d’un peu d’humour), d’une scène choc et d’un final surprenant, il faut avouer que la beauté plastique ne suffit pas toujours pour soutenir une action qui se délite parfois, malgré l’habile mélange entre réalisme documenté et fiction. Du côté de la mise en images donc, c’est tout juste sublime (particulièrement dans les premières pages du volume) : style personnel, crayonnés agiles et apparents, espaces vides pour l’apaisement de la tension… D’autant que, par souci d’immersion, Yslaire est allé jusqu’à personnaliser les typographies en fonction de la langue employée.
A lire absolument.
PommeQ
Tags:
Art,
BD,
Photo
Tags:
Art,
BD,
Photo