Après un repas en tête à tête des plus agréables, rien de tel qu’un film traitant les problèmes de couple, pour se rendre compte au combien on peut être bien ensemble… C’est dingue comme on rit toujours beaucoup plus facilement des problèmes des autres.

Séance du soir :
LE PRIX A PAYER
Par Alexandra Leclère / Gaumont Convention

Je m’attendais au pire. Mais pour son deuxième film après Les soeurs fâchées Alexandra Leclère nous offre un film bien mieux réussi que ce que la bande-annonce où l’affiche pouvaient le laisser deviner.
Après avoir dirigé Isabelle Huppert et Catherine Frot dans Les Sœurs fâchées, Alexandra Leclère livre sa deuxième réalisation avec Le Prix à payer, dont la campagne d’affichage scandait haut le slogan « pas de cul, pas de fric », sortant de la bouche de Christian Clavier dans le film, qui n’en peut plus de vivre dans la misère sexuelle avec sa femme, incarnée par Nathalie Baye. Donc, sur les conseils de son chauffeur (Gérard Lanvin), qui est aussi dans une situation délicate avec sa petite amie (Géraldine Pailhas), il arrête de lui mettre à disposition l’argent qu’elle dépensait dans les magasins.
Pendant les premières minutes, on se prend à rêver d’une comédie acide sur les rapports dans le couple lorsque le film aligne les dialogues et situations vachardes à souhait, jusqu’à son point culminant qu’est le dîner entre les deux couples, qui va virer au règlement de compte ultra jouissif dans lequel Nathalie Baye s’éclate à fond. Dans la première demi-heure donc, les rires s’enchaînent à une fréquence régulière comme cela n’avait plus été le cas dans une « grosse comédie » de cette envergure depuis un bon moment, ce qui aurait même le mérite de nous réconcilier avec un Christian Clavier qu’on n’avait pas vu aussi bon depuis… fort longtemps.
Mais malheureusement, à partir de la scène du dîner, le film est un peu rattrapé par le syndrome Prime Time de TF1 en virant dans la comédie de boulevard avec des ingrédients bien connus et en s’assagissant grandement. Alexandra Leclère tente bien de dresser une analyse comportementale des rapports hommes/femmes mais on ne sait jamais vraiment où elle veut en venir, en tenant parfois quelques propos étonnement un peu misogyne tout en tournant en ridicule d’un autre côté les hommes et leur envie insatiable de sexe. Tout ça tourne plutôt au final à la caricature, le scénario ne faisant pas vraiment preuve d’une grande profondeur et la mise en scène étant beaucoup trop plate pour insuffler l’énergie qu’il aurait fallu. Heureusement pour le film, en plus d’un Christian Clavier tout à fait supportable, Nathalie Baye fait une fois de plus des merveilles et porte sur elle la semi-réussite du film.
Bref, malgré ces quelques petits défauts, Le prix à payer est une comédie sympathique, plus grinçante que sentimentale et plus adulte que familiale.
PommeQ

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