Je me suis levé ce matin avec une envie de changer quelque chose. De faire un truc de différent… mais quoi ?
Je ne vais tout de même pas me mettre à chercher un nouveau boulot un vendredi matin ???
Ce sera donc un simple changement de quartier (Faut pas trop pousser tout de même). Direction les Champs, avec dans l’idée de trouver une salle de cinéma sympa. L’expresso n’est pas Starbucks mais COLOMBUS (et il n’a rien a envier à son concurrent et leur Muffins sont à se damner…)
Séance du jour :
ALPHA DOG
Par Nick Cassavetes / Gaumont Champs-Elysées - Marignan
Un film fort, cru, à voir. Nick Cassavetes fait tout autre chose, lorgnant sur Larry Clark, et il le fait bien, en nous offrant une perle du genre. C’est, je dois l’écrire, une très belle surprise. Le jeu des acteurs/actrices, leur direction, le casting, le montage, les dialogues (plus vulgaires les uns que les autres), la photographie, la mise en scène: TOUT est magistral. J’ai accroché à fond, ayant rarement été aussi “tenu” par un film depuis ce début d’année. Cela fait, tout de même deux fois de suite cette semaine (c’est pas possible cela ne peut pas durer…)
Sur la fin, ça devient horrible, flippant, terrifiant même mais je n’en dis pas plus. Tout est dans la tension. Sharon Stone, malgré un rôle bien secondaire, est géniale. Pendant près de deux heures, on suit une bande de jeunes nazes-connards, à moitié drogués, machos ou inconscients (pas tous!) qui prennent la réalité pour un clip, pour un film qui n’a aucune réelle gravité, avant de se rendre compte qu’ils se font finalement dépasser par la réalité. Parce qu’ils savent se battre, parce qu’ils ne sont “pas des pédales” (à grands coups de “Fuck”/”Suck my dick”), ils sont persuadés de pouvoir conserver la maîtrise des choses en faisant régner “leur” ordre, alors qu’ils ne font que foutre le bordel. Sur-confiant, Frankie Ballenbacher alias le sexy-tatoué Justin Timberlake, déverse son assurance comme son sourire, qui met longtemps à s’effacer… Tout vole dans l’extrême, les dialogues sont d’un niveau très vulgaire mais justes, vrais. Bonne idée de noter les “témoins” au fur et à mesure de leur apparition. Un film sans chichis, d’un esthétisme accrocheur et sans prétention, sur un “fait réel” dérangeant situé fin 1999 (avec pour base un deal de drogue), qui nous dépeint une jeunesse californienne engluée dans les apparences, irréfléchie, qui ne trouve que la fuite en avant pour s’exprimer, jusqu’à l’autodestruction (on a la réplique à double niveau “Je vais te détruire”).
Moins délire que du Larry Clark mais différent et, dans son style, troublant et puissant.
Courez-y !
PommeQ









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