Quelques boutiques, un Mc Do et un Starbucks plus tard, nous nous retrouvons en plein milieu du quartier latin, à l’angle de la rue Dante et de St Germain, passage obligé des passionnés de bande dessinées et des produits dérivés sur Paris.
Putain, c’est le premier jour du printemps et il grêle GRAVE…

Je craque pour le numéro 1 d’une petite série (a priori un bimestriel) que j’avais repéré il y a quelques temps déjà…
LUCHA LIBRE
Après quelques cases je tombe raide dingue de cette série complètement déjantée, des personnages étonnants et masqués dans un Los Angeles indéfinissable… ou presque
Parce que tu crois tout connaître, hein? Crois-moi, tu ne connais rien, rien du tout. Tu as vu East Los Angeles dans les films, tu crois qu’il y a des gangs partout et qu’on se tire dessus dans les rues. Tu te trompes et la vérité est bien pire.
La ville est aux mains des monstres de toutes sortes. Pas plus tard que la nuit dernière, une bande de loups-garous est descendue dans le quartier, ils ont fracturé toutes les voitures, volé les autoradios et marqué leur territoire… à leur manières. Une horreur ! Il y a une semaine, Victor Diaz, que tout le monde respecte, a été attaqué par des guerriers tikis alors qu’il fermait son magasin. Ils ont entièrement détruit son épicerie et mangé tous les ananas… les ordures, ils ne respectent rien. Dans le quartier, on raconte qu’ils travaillent pour Elveze, qui est peut-être le plus monstrueux de tous les monstres. Il mesure à peine plus d’un mètre mais il est effrayant, difforme et se prend pour Elvis. Quand il chante, c’est… C’est difficile à décrire. Elvis, en Espagnol et avec des maracas, ça te donne il idée assez précise de ce que doit être l’enfer. Mais, s’il y chante pour toi, surtout ne lui dis pas que tu ressens, ce serait la fin. On ne sort jamais indemne d’une rencontre avec Elveze…
Tu commences à piger, mon gars ? Vivre à Los Angeles, ce n’est pas comme dans les films. Il n’y a pas de volcan qui pousse soudainement au milieu de Wilshire Boulevard, pas de bus qui saute d”une freeway à l’autre, pas plus que Jackie Chan ne court sur les toits des immeubles de Chinatown, il n’y a pas de Terminator à la poursuite de Sarah Connor, pas de bombes planquée sous la cuvette de chiottes de Danny Glover et Michael Douglas ne tire que rarement à la mitraillette dans les Burger King. Tout ça n’est qu’inventions ridicules de scénaristes en manque d’inspiration.
Oublies tout ça et accepte la vérité. Un dinosaure énorme et mystérieux rôde dans les rues à la tombée de la nuit, terrorisant le plus solide des habitants de cette ville. Certains esprits malveillant en rient et disent que c’est un homme costumé mais ils racontent n’importe quoi. Ce monstre mange des voitures et crache du feu, je le sais, on me l’a dit. Et comme si ce n’était pas suffisant, une bande de français a débarqué récemment et cherchent à se mesurer à tout ce qui croise leur chemin. Ils sont affreux, portent des masques, des bérets, des capes et entre leur Citroën CX Présidentielle et leurs Gauloises sans filtres, on en vient à se demander ce qui pollue le plus.
Et tu penses encore qu’à Los Angeles, sur les freeway, la police est lancée à pleine vitesse à la poursuite de voleurs de voitures ? Quel cliché. La réalité, c’est qu’au milieu des embouteillages sur la 101, on aperçoit parfois, pestant contre le trafic, des extra-terrestres dans leurs soucoupes volantes, perdus dans le labyrinthe infernal du réseau routier. Tu ne me crois pas, hein? Tu as tort. Récemment, il y avait, là, juste à côté de moi, dans leur vaisseau spatial recouvert de poussière cosmique.
Ils étaient deux, ils avaient de drôles de têtes, pas vraiment humaines. Ils se disputaient et j’avais peur. Hey ! Rigoles pas, j’aime pas ça… Pour qui tu te prends, hein ? Pfff. Je me demande pourquoi je te raconte ça.
Dans mon quartier, il y a aussi une autre bande de bizarroïdes, ils se font appeler les Luchadores Five. Ils sont cinq, portent des masques de catcheurs mexicains et disent défendre la ville contre ces monstres qui nous terrorisent. Je salue leur courage, il faut vraiment le vouloir pour sortir par cette chaleur, mais j’ai bien peur qu’ils ne fassent pas le poids.
Le pire, c’est que tout cela ne se limite pas à Los Angeles. Il parait que dans le désert, près de la frontière mexicaine, il se passe des choses à peine imaginales, on parle de Pom-Pom ninjas , d’un homme cactus, d’un Panda communiste et même de l’homme le plus irritable du monde. On m’a aussi raconté que sur une île du Pacifique, une île qui n’est sur aucune carte, il se passe des choses tellement incroyables que tu ne croirais pas. Alors, je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps à te les raconter. Merde à la fin.
Lucha Libre - Tome 1 - Introducing The Luchadores Five
Scénariste : Jerry Frissen - Dessinateurs : Bill, Gobi, Tanquerelle, Fabien M. et Witko
Sincèrement, ça m’étonnerait que je résiste longtemps avant d’acheter les deux autres numéros disponibles…
PommeQ
Tags: BD









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